PEA, assurance-vie, Livret A : qui souffre vraiment de la turbulence boursière ?

FINANCIER | 4 min. de lecture

Avec un CAC 40 qui a perdu plus de 10 % depuis ses plus hauts de février, beaucoup d'épargnants s'inquiètent pour leur argent. Mais selon le produit dans lequel vous avez placé vos économies, votre exposition est radicalement différente. Tour d'horizon.

 

Le CAC 40 a atteint un record historique à 8 642 points fin février 2026. Depuis, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les perturbations du détroit d'Ormuz et les incertitudes commerciales liées à la politique de Donald Trump ont provoqué une correction brutale. L'indice parisien est retombé autour des 8 250 points mi-avril, soit un recul de plus de 10 % en quelques semaines. De quoi faire battre le cœur des épargnants un peu plus vite.

Pourtant, tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne. Votre épargne est-elle exposée à cette tempête boursière ? Tout dépend du produit dans lequel elle est placée. Voici un classement clair, du plus exposé au plus protégé.

 

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Le PEA : l'épargnant en première ligne

C'est sans surprise le produit le plus directement touché. Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) est, par définition, investi en actions européennes. Quand le CAC 40 perd 10 %, un PEA investi intégralement dans des valeurs françaises perd autant — parfois plus, si le portefeuille est concentré sur des secteurs comme le luxe (LVMH, Hermès) ou l'aéronautique (Airbus, Safran), particulièrement malmenés ces dernières semaines.

En France, on compte environ 7 millions de détenteurs de PEA, selon la Banque de France. En moyenne, chaque plan contient environ 16 000 euros de titres. Autant dire que la correction boursière du printemps 2026 n'est pas sans conséquences réelles sur le patrimoine de millions de ménages, notamment les cadres et actifs entre 40 et 60 ans, profil type de l'investisseur en PEA selon l'AMF.

Le PEA reste néanmoins un outil fiscalement très avantageux : après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. La tentation de tout débloquer face à la baisse doit être tempérée par cet horizon long terme. Une correction de 10 % s'efface souvent en quelques mois sur des marchés solides.

L'assurance-vie : tout dépend de votre allocation

L'assurance-vie est le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours. Mais c'est aussi le produit le plus hétérogène : selon la façon dont vous l'avez configuré, vous pouvez être très exposé… ou totalement à l'abri.

Les fonds en euros — la partie "sécurisée" — fonctionnent comme un coffre-fort : le capital est garanti par l'assureur, quels que soient les mouvements des marchés. En 2025, ces fonds ont affiché en moyenne 2,5 % nets de frais de gestion. La turbulence boursière actuelle ne les affecte pas directement.

Les unités de compte (UC), en revanche, sont des supports investis en actions, obligations ou SCPI. Si votre contrat est majoritairement en UC, vous subissez bien la volatilité des marchés. C'est le cas des contrats orientés "croissance" ou des profils "dynamiques" proposés par les assureurs, où la part en actions peut dépasser 70 %.

Bon réflexe : vérifiez la répartition de votre contrat. Si vous approchez de la retraite ou avez un besoin de liquidité à court terme, il peut être pertinent d'arbitrer une partie de vos UC vers le fonds en euros — sans attendre une crise plus profonde.

 

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Le Livret A, le LEP, le LDDS : des remparts inébranlables

Bonne nouvelle pour les 55 millions de Livrets A ouverts en France : ils n'ont strictement rien à craindre de la Bourse. Ces produits réglementés sont totalement déconnectés des marchés financiers. Leur rémunération est fixée par décret — 1,5 % pour le Livret A et le LDDS depuis le 1er février 2026, 2,5 % pour le LEP. Aucun mouvement boursier ne peut les modifier en cours de période.

C'est précisément leur vertu en période de turbulences : ils constituent une "épargne de précaution" parfaitement stable. En période d'incertitude, conserver 3 à 6 mois de dépenses sur ces livrets n'est pas seulement prudent, c'est la base de toute stratégie patrimoniale solide.

Et le PER ? Et l'immobilier ?

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) fonctionne comme l'assurance-vie : tout dépend des supports choisis. Un PER investi en fonds euros est protégé ; un PER à 100 % en actions mondiales subira la correction. Pour un PER, la logique de long terme est encore plus forte — l'argent est bloqué jusqu'à la retraite, ce qui atténue la pression psychologique des baisses temporaires.

L'immobilier, lui, n'est pas directement impacté par une correction boursière. Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier), qui font partie de nombreux contrats d'assurance-vie, peuvent en revanche souffrir si une récession économique prolongée entraîne une hausse des vacances locatives ou une pression sur les loyers.

 

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En résumé : faut-il s'inquiéter ?

Une correction de 10 % est significative mais reste dans les normes historiques des marchés. Depuis 1987, le CAC 40 a traversé des dizaines de turbulences bien plus sévères — crise de 2008, Covid en 2020 — et s'est chaque fois redressé sur le moyen terme. La panique reste le pire ennemi de l'épargnant.

Ce que la situation invite vraiment à faire, c'est un bilan de son allocation d'actifs : êtes-vous exposé à la mesure de votre tolérance au risque ? Avez-vous une épargne de précaution liquide suffisante pour ne pas avoir à vendre vos actifs risqués en cas de besoin urgent ? Si oui, le plus sage reste souvent de ne rien faire — et de laisser le temps faire son œuvre.

 

Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Article publié le 15 Avril 2026

Geoffrey HENRIOT Responsable communication 168 articles rédigés

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