Flambée des taux : quels placements choisir pour son épargne ?
FINANCIER | 5 min. de lecture
Sommaire
Obligations : le grand retour du rendementLes fonds datés : profiter des rendements obligataires actuelsAssurance-vie : les fonds en euros pourraient continuer à en profiterLivret A et dépôts bancaires : une rémunération qui remonteImmobilier : la hausse des taux complique à nouveau les financementsSCPI : une situation plus contrastéeActions : attention aux entreprises très endettéesFaut-il modifier son épargne lorsque les taux augmentent ?La remontée des taux d’intérêt change une nouvelle fois la donne pour les épargnants. Après plusieurs années marquées par la détente monétaire, les taux longs repartent nettement à la hausse et la Banque centrale européenne a elle-même relevé ses taux directeurs en septembre 2026.
Depuis le 16 septembre, le taux de la facilité de dépôt de la BCE atteint ainsi 2,50 %, contre 2,25 % auparavant. Dans le même temps, les rendements des obligations souveraines ont fortement progressé. Lors de l'adjudication française du 1er octobre 2026, certaines OAT à échéance 2036-2038 affichaient des taux moyens proches de 5 %.
Pour les épargnants, cette flambée des taux crée des gagnants et des perdants. Certains placements retrouvent des niveaux de rendement attractifs, tandis que d'autres subissent mécaniquement la hausse du coût de l'argent.
Obligations : le grand retour du rendement
C'est probablement l'un des principaux bénéficiaires de la hausse actuelle des taux.
Lorsqu'un État ou une entreprise émet aujourd'hui une nouvelle obligation, il doit proposer un rendement suffisamment élevé pour attirer les investisseurs. La hausse des taux permet donc aux épargnants de retrouver des rendements obligataires qui n'avaient plus été observés depuis plusieurs années.
La Banque de France souligne d'ailleurs que les assureurs et fonds de pension ont déjà commencé à réorienter leurs investissements vers les titres de dette afin de profiter de la remontée des taux longs.
Pour un investisseur qui dispose de liquidités à placer aujourd'hui, les obligations et certains fonds obligataires redeviennent donc une véritable classe d'actifs de rendement.
Attention toutefois à une distinction essentielle : la hausse des taux est favorable aux nouvelles obligations, mais elle peut provoquer une baisse de la valeur des anciennes obligations déjà en circulation, dont le coupon est moins attractif.
C'est ce que rappelle la Banque de France : au premier trimestre 2026, la hausse des taux longs avait entraîné une baisse du cours des obligations détenues dans les portefeuilles des assureurs.
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Les fonds datés : profiter des rendements obligataires actuels
La remontée des taux redonne également de l’intérêt aux fonds obligataires datés, parfois appelés fonds à échéance.
Leur principe est relativement simple : ils investissent principalement dans des obligations dont les dates de remboursement sont proches d’une échéance prédéfinie, par exemple 2028, 2030 ou 2032.
Dans le contexte actuel, ces fonds peuvent permettre de verrouiller indirectement des niveaux de rendement obligataire plus élevés qu’il y a quelques années, à condition de conserver son investissement suffisamment longtemps.
Ils présentent notamment trois avantages :
- une durée d’investissement plus lisible, grâce à une échéance connue à l’avance ;
- un rendement potentiel devenu plus attractif avec la remontée des taux ;
- une diversification entre plusieurs émetteurs obligataires plutôt que l’achat d’une seule obligation.
Ils ne sont toutefois pas sans risque. Le capital n’est pas garanti, les entreprises présentes dans le portefeuille peuvent connaître des difficultés financières et la valeur du fonds peut fluctuer avant son échéance. Le rendement affiché ou estimé à l’entrée ne constitue pas non plus une performance garantie.
Dans une allocation patrimoniale, les fonds datés peuvent ainsi constituer une solution intermédiaire entre les placements sécurisés et les actifs plus volatils, notamment pour les investisseurs qui disposent d’un horizon de placement clairement identifié.
Assurance-vie : les fonds en euros pourraient continuer à en profiter
La hausse des rendements obligataires est également une bonne nouvelle pour les fonds en euros de l'assurance-vie.
Les assureurs investissent une part importante de leurs portefeuilles dans des obligations. Lorsque les anciens titres arrivant à échéance sont remplacés par des obligations offrant des rendements plus élevés, le rendement moyen du portefeuille peut progressivement augmenter.
Cette amélioration n'est cependant pas immédiate. Les assureurs détiennent des milliers de lignes obligataires achetées à différentes périodes : la remontée des taux se diffuse donc progressivement dans le rendement des fonds en euros.
L'assurance-vie conserve en parallèle une place centrale dans l'épargne des Français. À fin août 2026, son encours atteignait 2 171 milliards d'euros, en hausse de 5,7 % sur un an. Depuis le début de l'année, la collecte nette s'établissait à 43,5 milliards d'euros.
Dans un environnement de taux plus élevés, le fonds en euros peut ainsi retrouver de l'intérêt pour la poche sécurisée d'un patrimoine, tout en conservant les avantages propres à l'assurance-vie.
Livret A et dépôts bancaires : une rémunération qui remonte
Les épargnants les plus prudents bénéficient également de la remontée des taux.
Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A est passé de 1,50 % à 1,70 %. Ses intérêts restent exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
La hausse touche plus largement l'épargne bancaire. Selon la Banque de France, la rémunération moyenne des dépôts des ménages est remontée à 1,30 % en août 2026, contre 1,22 % en juillet.
Les nouveaux dépôts à terme de moins de deux ans rapportaient quant à eux en moyenne 2,38 %.
Ces placements restent surtout adaptés à l'épargne de précaution ou aux liquidités à court terme. Leur rendement peut rester insuffisant pour construire un patrimoine à long terme, notamment après fiscalité et inflation.
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Immobilier : la hausse des taux complique à nouveau les financements
Le revers de la médaille apparaît principalement du côté du crédit.
Lorsque les taux obligataires augmentent et que les banques centrales durcissent leur politique monétaire, le coût de financement des banques progresse. Une partie de cette hausse est ensuite répercutée sur les crédits accordés aux particuliers et aux entreprises.
Le mouvement est déjà visible sur le crédit immobilier. Après une période de relative stabilisation au printemps, les baromètres de septembre 2026 font de nouveau apparaître des taux supérieurs à ceux observés quelques mois auparavant. CAFPI relevait ainsi un taux immobilier moyen de 3,53 % au 25 septembre 2026.
Pour les acheteurs immobiliers, la conséquence est immédiate : à mensualité identique, une hausse du taux réduit la capacité d'emprunt.
Cela peut également peser indirectement sur les prix immobiliers si une partie des acquéreurs ne peut plus financer son projet.
SCPI : une situation plus contrastée
Les SCPI se trouvent au croisement de ces deux phénomènes.
D'un côté, l'immobilier peut souffrir d'un coût du crédit plus élevé et d'exigences de rendement accrues de la part des investisseurs. Lorsque les taux sans risque augmentent, un actif immobilier doit généralement offrir une prime de rendement suffisante pour rester compétitif.
De l'autre, toutes les SCPI ne sont pas exposées de la même manière. Leur niveau d'endettement, la qualité des immeubles, leur prix d'acquisition, leurs locataires ou encore les marchés sur lesquels elles investissent deviennent déterminants.
Une période de taux élevés peut même créer de nouvelles opportunités pour les véhicules disposant de liquidités, capables d'acquérir des actifs dans de meilleures conditions.
Le rendement affiché d'une SCPI ne suffit donc plus : la qualité du patrimoine et son prix d'acquisition deviennent encore plus importants.
Actions : attention aux entreprises très endettées
La hausse des taux ne condamne évidemment pas les marchés actions, mais elle modifie leur environnement.
Les entreprises fortement endettées peuvent voir leur charge financière progresser lorsqu'elles doivent refinancer leur dette. Les sociétés dont la valorisation repose principalement sur des bénéfices attendus très loin dans le futur peuvent également être plus sensibles à la hausse des taux.
Inversement, les entreprises disposant de bilans solides, de trésorerie et d'un fort pouvoir de fixation des prix peuvent mieux absorber ce nouvel environnement.
La hausse des taux invite donc davantage à sélectionner les actifs qu'à abandonner totalement les actions.
Faut-il modifier son épargne lorsque les taux augmentent ?
La principale erreur serait probablement de raisonner uniquement en fonction du rendement affiché aujourd'hui.
La hausse des taux remet surtout en avant un principe fondamental : chaque placement doit correspondre à un horizon d'investissement et à un niveau de risque précis.
L'épargne disponible à court terme peut rester placée sur des livrets ou des supports monétaires. Les obligations et les fonds en euros retrouvent progressivement une place intéressante dans les portefeuilles prudents. Les placements immobiliers et les actions restent pertinents pour le long terme, mais nécessitent davantage de sélectivité.
Surtout, la remontée des taux permet à nouveau de construire des allocations diversifiées avec plusieurs moteurs de rendement.
Après des années durant lesquelles les investisseurs étaient souvent contraints de prendre davantage de risque pour obtenir de la performance, le rendement est de retour sur les placements de taux.
La véritable question n'est donc plus simplement de savoir où placer son argent lorsque les taux montent, mais comment répartir son épargne entre sécurité, rendement et potentiel de valorisation à long terme.
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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