Taxe holding : l'immobilier et l'or désormais clairement visés
PATRIMOINE | 3 min. de lecture
Sommaire
Une taxe ciblant explicitement certaines holdings patrimonialesLa logique générale : cibler les signes extérieurs de richesseLes actifs explicitement exclus du champ de la taxeLa liste des biens expressément visés par la taxe holdingImmobilier détenu en holding : un point de vigilance majeurUne taxe spectaculaire… mais à la portée volontairement limitéeCalendrier d’application et stratégie de mise en conformitéEn bref : une fiscalité de signal plus qu’un impôt de rendementAprès plusieurs mois de débats nourris sur la fiscalité des patrimoines élevés, la taxe holding est désormais formellement inscrite dans le texte budgétaire sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité. Longtemps évoquée de manière imprécise, cette nouvelle imposition voit aujourd’hui son périmètre clarifié, élargi et juridiquement sécurisé.
Contrairement à certaines annonces initiales, la taxe ne vise pas uniquement les yachts ou les actifs les plus caricaturaux de richesse ostentatoire. L’immobilier détenu dans certaines conditions et les métaux précieux, notamment l’or, entrent clairement dans son champ d’application, ce qui marque un tournant important dans l’approche fiscale des structures patrimoniales de type holding.
Une taxe ciblant explicitement certaines holdings patrimoniales
La taxe holding ne concerne pas l’ensemble des sociétés, mais un segment bien identifié de structures patrimoniales.
Sont visées les sociétés holding :
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dont le patrimoine excède 5 millions d’euros,
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et qui perçoivent une majorité de revenus passifs, tels que des dividendes, intérêts ou loyers.
Au sein de ces structures, certains actifs spécifiques seront soumis à une taxation annuelle particulièrement lourde, à savoir 20 % de leur valeur vénale, dès lors qu’ils entrent dans le champ de la liste définie par le législateur.
Ce taux, exceptionnellement élevé, illustre la dimension clairement dissuasive du dispositif, davantage pensé comme un outil de régulation patrimoniale que comme une source massive de recettes fiscales.
La logique générale : cibler les signes extérieurs de richesse
L’objectif affiché du législateur est explicite : taxer les actifs considérés comme des signes extérieurs de richesse, dès lors qu’ils sont sans lien direct avec l’objet économique normal d’une société holding.
Cette philosophie s’inscrit dans la continuité des choix opérés dans le budget 2026, notamment :
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l’exclusion de ces mêmes biens du bénéfice du pacte Dutreil,
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et la volonté de resserrer les régimes de faveur autour des actifs réellement productifs ou utiles à l’activité économique.
En creux, le message est clair : une holding n’a pas vocation à abriter des actifs de pur agrément ou de prestige, dès lors qu’ils ne participent ni à l’investissement, ni à la transmission d’entreprise.
Les actifs explicitement exclus du champ de la taxe
Contrairement à certaines craintes, tous les actifs détenus par une holding ne sont pas concernés.
Restent expressément exclus du champ de la taxe à 20 % :
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la trésorerie, incluant les liquidités, comptes courants et comptes à terme ;
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les contrats de capitalisation ;
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l’immobilier loué dans des conditions normales de marché, avec un bail conforme et un loyer de pleine concurrence.
Ces actifs, jugés économiquement légitimes au sein d’une holding, ne sont donc pas assimilés à des biens somptuaireset échappent à la taxation spécifique.
La liste des biens expressément visés par la taxe holding
Le texte budgétaire dresse une liste détaillée et volontairement exhaustive des biens dits « somptuaires », qui devront être identifiés au sein des holdings concernées.
Sont notamment visés :
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les biens affectés à l’exercice de la chasse ;
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les biens affectés à l’exercice de la pêche ;
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les chevaux de course ou de concours ;
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les vins et alcools ;
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les véhicules de tourisme ;
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les yachts et bateaux de plaisance, à voile ou à moteur ;
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les aéronefs, y compris les jets privés ;
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les métaux précieux, dont l’or, explicitement mentionné.
Ces actifs devront faire l’objet d’une évaluation annuelle à leur valeur vénale, ce qui implique pour les holdings concernées un exercice de valorisation récurrent, complexe et potentiellement conflictuel avec l’administration fiscale.
Immobilier détenu en holding : un point de vigilance majeur
L’un des apports majeurs du texte réside dans le traitement de l’immobilier détenu par une holding, longtemps resté dans une zone grise.
Désormais, les logements détenus par une holding peuvent entrer dans le champ de la taxe lorsqu’ils sont :
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dépourvus de bail en bonne et due forme ;
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mis à disposition à titre gratuit ;
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loués à un prix manifestement inférieur aux conditions normales de marché.
Dans ces hypothèses, l’immeuble est assimilé à un actif de prestige et taxé à 20 % de sa valeur vénale, sans aucun mécanisme de neutralisation ou d’abattement.
Ce point constitue un véritable coup de massue fiscal, notamment pour les holdings patrimoniales familiales détenant des biens immobiliers occupés par des dirigeants ou des proches sans formalisation juridique rigoureuse.
Une taxe spectaculaire… mais à la portée volontairement limitée
Malgré un taux de 20 % par an, la portée réelle de la taxe holding demeure étroitement ciblée.
Plusieurs éléments militent en ce sens :
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la nature très spécifique des actifs visés ;
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le seuil élevé de patrimoine requis ;
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et la nécessité de cumuler patrimoine important et revenus majoritairement passifs.
En pratique, le nombre de holdings effectivement concernées devrait rester limité, ce qui explique pourquoi certains observateurs parlent davantage d’un signal politique fort que d’un outil de rendement budgétaire massif.
Calendrier d’application et stratégie de mise en conformité
Autre élément clé du dispositif : le calendrier.
La taxe ne serait exigible qu’en 2027, sur la base :
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des comptes clos au 31 décembre 2026.
Ce décalage temporel offre aux contribuables concernés une fenêtre stratégique de mise en conformité, leur permettant :
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de sortir les actifs taxables de la holding ;
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de réorganiser la détention patrimoniale ;
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ou, pour l’immobilier, de mettre en place des baux conformes et à valeur de marché avant l’échéance.
Ce délai réduit mécaniquement le rendement budgétaire potentiel de la taxe, mais renforce son rôle dissuasif et incitatif à la restructuration patrimoniale.
En bref : une fiscalité de signal plus qu’un impôt de rendement
La taxe holding marque un tournant clair dans la fiscalité patrimoniale française. L’immobilier et l’or y occupent désormais une place centrale, aux côtés des yachts et autres actifs de prestige.
Si le mécanisme est juridiquement structuré, fiscalement brutal et symboliquement fort, son impact réel dépendra largement de la capacité des contribuables à anticiper et adapter leur organisation patrimoniale avant 2027.
Dans ce nouveau contexte, la structuration des holdings, la qualification des actifs et la conformité juridique des baux deviennent des enjeux fiscaux majeurs, nécessitant une analyse approfondie et une stratégie proactive.
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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