Fiscalité : quelles villes attirent aujourd’hui les ultra-riches ?
PATRIMOINE | 3 min. de lecture
Sommaire
La fiscalité, moteur clé de la mobilité des grandes fortunesMadrid, capitale fiscale numéro un pour la deuxième année consécutiveMilan, la spectaculaire remontée italienneDubaï, la radicalité fiscale assuméeUn patrimoine plus mobile, moins enracinéEn bref : la fiscalité, nouveau centre de gravité des capitales mondialesLa géographie des grandes fortunes est en pleine mutation. Les ultra-riches (UHNWI, patrimoines supérieurs à 30 millions de dollars) sont de plus en plus nombreux à changer de pays, voire de continent, non pour des raisons économiques classiques, mais pour optimiser leur fiscalité personnelle et patrimoniale.
Dans un monde où le capital est devenu plus financier, plus liquide et plus mobile, la fiscalité s’impose désormais comme un critère central dans le choix d’une ville de résidence. Le Barnes City Index 2025, consacré aux grandes fortunes internationales, confirme cette tendance : les capitales les plus attractives ne sont plus seulement celles offrant un cadre de vie premium, mais surtout un environnement fiscal favorable et lisible.
La fiscalité, moteur clé de la mobilité des grandes fortunes
Pendant longtemps, les critères de choix des grandes fortunes reposaient principalement sur :
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la qualité de vie,
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la stabilité politique,
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la sécurité,
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et l’attractivité immobilière.
Désormais, l’incertitude fiscale, la multiplication des débats sur la taxation du patrimoine et la hausse des prélèvements dans certains pays occidentaux accélèrent une nouvelle dynamique : les grandes fortunes votent avec leurs pieds.
Cette mobilité est facilitée par plusieurs facteurs structurels :
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un patrimoine majoritairement financier, facilement transférable,
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une organisation internationale des actifs,
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et une capacité à changer de résidence fiscale sans rupture économique majeure.
Dans ce contexte, la concurrence fiscale entre États et grandes métropoles devient un levier d’attractivité décisif.
Madrid, capitale fiscale numéro un pour la deuxième année consécutive
Pour la deuxième année consécutive, Madrid s’impose comme la ville la plus attractive au monde pour les grandes fortunes, selon le Barnes City Index 2025.
Cette première place repose sur un cocktail particulièrement efficace entre dynamisme immobilier et fiscalité ultra-compétitive.
Une envolée de l’immobilier haut de gamme
En 2025, les prix de l’immobilier de luxe à Madrid ont progressé de 15 % à 20 %, portés par l’afflux de capitaux étrangers et de nouveaux résidents à hauts revenus.
Le régime fiscal « Beckham », pilier de l’attractivité
Madrid bénéficie pleinement du célèbre régime dit “Beckham”, qui permet :
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une imposition forfaitaire à 24 %,
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pendant six ans,
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sur les revenus de source espagnole, dans la limite de 600 000 €.
À cela s’ajoutent :
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des cotisations sociales très faibles,
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et surtout une fiscalité locale extrêmement favorable.
Une autonomie fiscale pleinement exploitée
À la différence d’autres grandes villes espagnoles comme Barcelone, Madrid exploite pleinement son autonomie fiscale:
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droits de succession et de donation quasi inexistants,
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impôt sur la fortune fortement réduit, voire neutralisé dans de nombreux cas.
Madrid offre aujourd’hui l’un des cadres fiscaux les plus doux d’Europe pour les grandes fortunes, sans remise en cause politique majeure à court terme.
Milan, la spectaculaire remontée italienne
Autre grande gagnante du classement 2025 : Milan, qui signe une remontée spectaculaire, passant de la 5ᵉ place en 2024 à la 2ᵉ place en 2025.
Un régime fiscal repensé pour attirer les nouveaux résidents
Depuis 2017, l’Italie a profondément revu sa stratégie d’attractivité fiscale à destination des hauts revenus étrangers.
Le régime applicable aux nouveaux résidents prévoit notamment :
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un abattement de 50 % sur l’impôt sur le revenu pour les très hauts revenus, jusqu’à 600 000 €,
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un impôt forfaitaire plafonné à 200 000 € pour les grandes fortunes, contre 100 000 € auparavant.
Une fiscalité successorale particulièrement clémente
L’Italie se distingue également par des droits de succession très modérés :
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franchise jusqu’à 1 million d’euros,
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des coûts pouvant être jusqu’à dix fois inférieurs à ceux observés en France.
Ce cadre fiscal, combiné à un coût de la vie encore compétitif et à un marché immobilier haut de gamme dynamique, attire de plus en plus de contribuables français à hauts revenus, en quête de visibilité et de stabilité fiscale.
Dubaï, la radicalité fiscale assumée
Si Madrid et Milan jouent la carte de l’optimisation, Dubaï adopte une stratégie beaucoup plus radicale.
Une fiscalité quasi inexistante pour les particuliers
Le modèle fiscal de Dubaï repose sur des principes simples et extrêmement lisibles :
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zéro impôt sur le revenu,
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zéro impôt sur la fortune,
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zéro cotisations sociales.
Seule concession récente :
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un impôt sur les sociétés de 9 %, applicable au-delà de 87 000 € de bénéfices, afin de se conformer aux standards internationaux.
Un afflux massif de grandes fortunes
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, plus de 3 000 millionnaires britanniques se sont installés à Dubaï, fuyant les hausses d’impôts et les incertitudes fiscales de leur pays d’origine.
Dubaï s’impose comme le refuge fiscal ultime, notamment pour les patrimoines très élevés et fortement internationalisés.
Un patrimoine plus mobile, moins enraciné
L’un des enseignements majeurs du Barnes City Index 2025 est clair : le patrimoine des grandes fortunes est aujourd’hui moins immobilier, moins domestique et beaucoup plus financier.
Cette transformation structurelle explique :
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une mobilité géographique accrue,
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une capacité d’arbitrage rapide entre juridictions,
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et une sensibilité accrue aux signaux fiscaux envoyés par les États.
Dans ce contexte, les politiques fiscales nationales ont désormais un impact direct sur l’attractivité des territoires, bien au-delà des frontières traditionnelles.
En bref : la fiscalité, nouveau centre de gravité des capitales mondiales
La fiscalité est devenue un déterminant majeur dans la compétition mondiale entre capitales. Madrid, Milan et Dubaï illustrent trois modèles distincts, mais convergent vers un même objectif : attirer les patrimoines les plus mobiles.
Face à des contribuables capables de se relocaliser rapidement, la stabilité, la lisibilité et la modération fiscale deviennent des avantages compétitifs déterminants. À l’inverse, les pays qui multiplient les signaux d’instabilité fiscale prennent le risque d’un exode silencieux mais durable des grandes fortunes.
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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