Bourse : 5 valeurs à suivre pour profiter du boom de l'électricité et de l'IA
FINANCIER | 5 min. de lecture
Sommaire
Pourquoi les valeurs énergétiques reviennent au premier plan en Bourse1. Schneider Electric : un acteur incontournable de l'électrification2. Iberdrola : miser sur la stabilité des réseaux électriques3. Siemens Energy : une forte croissance qui exige de la prudence4. NextEra Energy : les renouvelables au service des géants du numérique5. TotalEnergies : un profil diversifié entre pétrole, gaz et électricitéComment investir dans ces cinq valeurs sans prendre trop de risques ?En bref : l'électricité, un thème d'investissement majeur pour les prochaines annéesL'intelligence artificielle, l'électrification de l'économie et la modernisation des réseaux énergétiques redessinent les perspectives des marchés financiers. Longtemps considérées comme des valeurs défensives, les entreprises du secteur énergétique se retrouvent aujourd'hui au cœur de plusieurs tendances structurelles. La multiplication des data centers, les besoins croissants en électricité et les investissements dans les infrastructures soutiennent leur activité. Mais après des progressions boursières parfois spectaculaires, toutes les actions ne présentent pas le même potentiel. Schneider Electric, Siemens Energy, Iberdrola, NextEra Energy et TotalEnergies : voici cinq valeurs à suivre en 2026, entre croissance industrielle, dividendes et vigilance sur les valorisations.
Pourquoi les valeurs énergétiques reviennent au premier plan en Bourse
Pendant plusieurs années, les investisseurs ont surtout privilégié les grandes entreprises technologiques pour profiter de l'essor de l'intelligence artificielle.
Mais derrière les fabricants de semi-conducteurs et les géants du numérique, une autre catégorie d'entreprises bénéficie désormais de cette transformation : les fournisseurs d'électricité et les équipementiers des réseaux énergétiques.
La raison est simple. Les data centers nécessaires au fonctionnement des modèles d'intelligence artificielle consomment des quantités considérables d'électricité. Leur développement impose de renforcer les capacités de production, de moderniser les réseaux et d'améliorer les systèmes de refroidissement.
Cette dynamique s'ajoute à l'électrification des transports, de l'industrie et du chauffage.
L'énergie devient ainsi l'un des principaux enjeux de la révolution numérique.
Pour les investisseurs, cette évolution ouvre des perspectives intéressantes. Mais elle appelle également à la prudence : certaines entreprises ont déjà bénéficié d'une forte revalorisation boursière, ce qui limite leur marge de sécurité en cas de ralentissement.
1. Schneider Electric : un acteur incontournable de l'électrification
Le groupe français Schneider Electric figure parmi les principaux bénéficiaires de la croissance des infrastructures électriques et numériques.
Spécialisé dans la gestion de l'énergie, les automatismes industriels et les équipements électriques, il occupe une position stratégique dans la construction et l'exploitation des data centers.
Ses technologies interviennent notamment dans l'alimentation électrique, la distribution d'énergie, le refroidissement et la gestion des infrastructures.
Une croissance portée par les data centers
Les résultats publiés en octobre 2026 confirment cette dynamique.
Au troisième trimestre, Schneider Electric a réalisé un chiffre d'affaires record de 11,5 milliards d'euros, en croissance organique de 17 %.
L'activité liée aux data centers affiche une croissance organique à trois chiffres, tandis que la division Energy Management progresse de 19 %.
Cette accélération a conduit le groupe à relever ses objectifs financiers pour l'année 2026.
Pour les investisseurs, Schneider Electric présente donc l'avantage d'une exposition directe aux infrastructures indispensables au développement de l'IA.
Son principal risque reste sa valorisation élevée, qui intègre déjà d'importantes perspectives de croissance. Un ralentissement des commandes ou des investissements technologiques pourrait provoquer une correction boursière.
2. Iberdrola : miser sur la stabilité des réseaux électriques
Le groupe espagnol Iberdrola propose une exposition différente au développement de l'électricité.
Contrairement aux équipementiers industriels, son activité repose largement sur la production d'énergie et l'exploitation de réseaux électriques régulés.
Ces infrastructures bénéficient généralement d'une visibilité importante sur les revenus, même si leur rentabilité dépend des décisions des autorités de régulation.
Des investissements massifs dans les infrastructures
Les résultats des neuf premiers mois de 2026 illustrent la solidité de cette stratégie.
Iberdrola a enregistré un bénéfice net de 5,8 milliards d'euros, en hausse de 10 %, tandis que ses investissements atteignent 10,1 milliards d'euros.
Sur cette somme, 6,3 milliards d'euros ont été consacrés aux réseaux électriques, soit une progression de 28 %.
Le groupe vise désormais une croissance d'au moins 10 % de son bénéfice net ajusté en 2026.
Cette stratégie positionne Iberdrola sur une tendance de long terme : l'augmentation des besoins de transport et de distribution d'électricité.
Son profil peut intéresser les investisseurs recherchant une activité relativement prévisible et des distributions régulières.
La sensibilité aux taux d'intérêt, l'endettement et les évolutions réglementaires restent néanmoins des points de vigilance.
3. Siemens Energy : une forte croissance qui exige de la prudence
L'allemand Siemens Energy s'est imposé parmi les entreprises les plus exposées à la modernisation des infrastructures énergétiques.
Le groupe fabrique notamment des turbines à gaz, des transformateurs et des équipements destinés aux réseaux électriques haute tension.
Ses activités bénéficient directement de la hausse des investissements dans les infrastructures de production et de transport d'électricité.
Un carnet de commandes qui soutient les perspectives
Les derniers résultats trimestriels publiés en août 2026 confirment une accélération de la croissance rentable du groupe.
L'activité Grid Technologies, spécialisée dans les équipements de réseaux, constitue l'un de ses principaux moteurs.
À fin mars 2026, son carnet de commandes atteignait déjà 49 milliards d'euros, témoignant d'une forte demande mondiale.
La société bénéficie également du redressement progressif de Siemens Gamesa, sa filiale spécialisée dans les éoliennes.
Mais cette dynamique s'accompagne d'un risque important : la valorisation boursière reflète des attentes particulièrement élevées.
Après une progression spectaculaire du titre ces dernières années, les investisseurs doivent surveiller la capacité du groupe à transformer son carnet de commandes en bénéfices et en trésorerie.
Les prochains résultats annuels, attendus le 11 novembre 2026, constitueront un rendez-vous important.
4. NextEra Energy : les renouvelables au service des géants du numérique
Aux États-Unis, NextEra Energy occupe une place majeure dans le développement de nouvelles capacités de production électrique.
Le groupe combine une activité de fournisseur d'électricité régulé en Floride avec une importante plateforme de développement d'énergies renouvelables et de stockage.
Cette combinaison lui permet de bénéficier à la fois de revenus réglementés et de la demande croissante des entreprises pour de nouvelles capacités énergétiques.
Des perspectives soutenues par les data centers
En octobre 2026, NextEra Energy a publié des résultats trimestriels solides.
Son bénéfice net ajusté atteint 2,59 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, contre 2,35 milliards un an auparavant.
Le portefeuille de projets renouvelables et de stockage de sa division NextEra Energy Resources atteint désormais environ 36,7 gigawatts.
Le groupe confirme également ses perspectives de bénéfice ajusté par action pour 2026, comprises entre 3,92 et 4,02 dollars.
La croissance de la consommation électrique américaine constitue un facteur de soutien, notamment avec le développement des data centers.
Le principal risque concerne le financement des investissements, dans un secteur particulièrement capitalistique et sensible à l'évolution des taux d'intérêt.
Les changements de réglementation énergétique et les difficultés de raccordement peuvent également peser sur certains projets.
5. TotalEnergies : un profil diversifié entre pétrole, gaz et électricité
Dernière valeur de cette sélection, TotalEnergies représente une approche plus diversifiée du secteur énergétique.
Le groupe français conserve une forte exposition au pétrole et au gaz, tout en développant progressivement ses activités dans l'électricité, les renouvelables et le stockage.
Cette diversification lui permet de financer ses investissements grâce aux flux de trésorerie générés par ses activités historiques.
Une capacité importante à rémunérer les actionnaires
Les résultats publiés le 29 octobre 2026 témoignent de la vigueur de son modèle économique.
Au troisième trimestre, TotalEnergies a enregistré un résultat net ajusté de 9,1 milliards de dollars, contre 6 milliards au trimestre précédent.
Le flux de trésorerie opérationnel hors variation du besoin en fonds de roulement atteint 12,3 milliards de dollars.
Le groupe maintient un acompte trimestriel sur dividende de 0,90 euro par action et prévoit des rachats d'actions de 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre 2026.
Ces éléments peuvent intéresser les investisseurs recherchant une exposition aux matières premières et une politique de rémunération des actionnaires.
Toutefois, la rentabilité de TotalEnergies reste fortement dépendante des cours du pétrole, du gaz et des marges de raffinage.
Le titre demeure également exposé aux risques géopolitiques et à l'évolution des politiques climatiques.
Comment investir dans ces cinq valeurs sans prendre trop de risques ?
Ces cinq entreprises participent à une même transformation économique, mais leurs profils boursiers diffèrent sensiblement.
Schneider Electric et Siemens Energy offrent une exposition directe à la croissance des équipements et des infrastructures électriques.
Iberdrola et NextEra Energy reposent davantage sur des activités de production et de réseaux, avec une composante réglementée importante.
TotalEnergies, de son côté, conserve un profil plus sensible aux marchés des hydrocarbures, tout en renforçant sa présence dans l'électricité.
Pour un investisseur, la première précaution consiste à ne pas confondre qualité industrielle et attractivité du cours de Bourse.
Une entreprise peut publier d'excellents résultats tout en représentant un investissement risqué si son action est achetée trop cher.
La diversification géographique et sectorielle reste également essentielle. Ces cinq valeurs appartiennent toutes, directement ou indirectement, à l'univers énergétique : elles ne constituent donc pas à elles seules un portefeuille suffisamment diversifié.
Enfin, les ETF sectoriels peuvent constituer une alternative pour accéder à un ensemble plus large d'entreprises, sans dépendre de la performance d'une seule société.
En bref : l'électricité, un thème d'investissement majeur pour les prochaines années
La révolution de l'intelligence artificielle ne profite pas uniquement aux entreprises technologiques. Elle entraîne également une transformation profonde des infrastructures énergétiques mondiales.
Schneider Electric, Siemens Energy, Iberdrola, NextEra Energy et TotalEnergies illustrent cinq manières différentes de s'exposer à cette évolution.
Leurs perspectives industrielles sont soutenues par des besoins structurels, mais leur potentiel boursier dépendra aussi de la croissance effective des bénéfices, de l'évolution des taux et des valorisations.
La question n'est donc plus seulement de savoir quelles entreprises profiteront du boom de l'électricité, mais à quel prix leurs actions restent intéressantes.
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
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