Vatican et Bourse : pourquoi la Banque du Vatican lance ses indices financiers ?

FINANCIER | 3 min. de lecture

L’information a surpris les observateurs : la Banque du Vatican, officiellement appelée Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), a lancé deux indices boursiers en partenariat avec Morningstar.
Derrière l’effet d’annonce, il ne s’agit pas d’un simple symbole. Cette initiative s’inscrit dans une évolution profonde de la finance mondiale, où la recherche de performance se combine désormais avec des exigences de cohérence éthique.

Contrairement à certaines interprétations rapides, ce n’est pas l’Église catholique qui “entre en Bourse”, mais bien son bras financier, une institution chargée historiquement de gérer des actifs destinés à des œuvres religieuses et caritatives.

 

Deux indices conçus comme références pour l’investissement catholique

La collaboration entre l’IOR et Morningstar a abouti à la création de deux indices distincts :

  • Morningstar IOR U.S. Catholic Principles Index, centré sur les entreprises américaines

  • Morningstar IOR Eurozone Catholic Principles Index, dédié à la zone euro

Chaque indice comprend une sélection d’environ cinquante entreprises de moyenne et grande capitalisation, choisies selon des critères à la fois financiers et éthiques.

L’objectif affiché est clair : fournir des référentiels destinés à guider des investissements alignés avec des principes catholiques reconnus à l’échelle internationale.

Ces indices ne sont pas des fonds en eux-mêmes. Ils servent de base de comparaison et pourront être utilisés pour construire des produits d’investissement, notamment des ETF.

 

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Une sélection d’entreprises ancrées dans l’économie réelle

Les indices ne reposent pas sur des sociétés marginales ou confessionnelles. Ils intègrent des acteurs majeurs de l’économie mondiale.

En Europe, on retrouve par exemple ASML Holding ou Deutsche Telekom, entreprises emblématiques des secteurs technologiques et industriels.

Aux États-Unis, l’univers d’investissement inclut des groupes comme Amazon ou Meta, témoignant du fait que la démarche consiste à filtrer le marché existant, non à créer un marché alternatif.

L’approche est donc pragmatique : appliquer un cadre éthique à l’économie contemporaine plutôt que s’en extraire.

Des indices appelés à servir de base à des ETF

Ces nouveaux indices peuvent désormais être utilisés comme sous-jacents pour des fonds indiciels cotés.

Les ETF cherchent à reproduire fidèlement la performance d’un indice. Leur popularité mondiale ne cesse de croître.
L’encours global des ETF a dépassé les 14 000 milliards de dollars, avec une progression significative ces dernières années.

L’initiative du Vatican s’inscrit donc dans une dynamique de marché bien réelle, où la gestion passive devient dominante.

 

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Une volonté de structurer un cadre d’investissement cohérent

Pour la Banque du Vatican, l’enjeu dépasse la simple innovation financière.

Selon ses dirigeants, la création de référentiels alignés sur des critères éthiques vise à renforcer la rigueur, la transparence et la cohérence des processus d’investissement.

L’IOR souhaite ainsi affirmer son rôle :

  • comme institution financière au service de missions religieuses,

  • mais aussi comme acteur de référence pour les investisseurs souhaitant intégrer des valeurs dans leur stratégie patrimoniale.

 

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Une démarche également liée à la modernisation de l’image de l’institution

L’initiative intervient dans un contexte où la Banque du Vatican a entrepris une transformation profonde.

Après plusieurs décennies marquées par des controverses financières, l’IOR cherche à :

  • renforcer sa crédibilité internationale,

  • adopter les standards contemporains de gouvernance,

  • afficher une gestion plus transparente et structurée.

Le lancement d’indices boursiers participe à cette stratégie de normalisation et de professionnalisation.

 

Une tendance qui dépasse largement le cadre religieux

La démarche du Vatican s’inscrit dans un mouvement plus vaste.

Les investisseurs manifestent un intérêt croissant pour des placements intégrant des critères extra-financiers.
Des produits similaires existent déjà, comme certains indices ou ETF fondés sur des valeurs religieuses ou éthiques, dont la capitalisation peut dépasser le milliard de dollars.

Cette évolution traduit une transformation du rapport à l’investissement :

les épargnants ne cherchent plus seulement un rendement, mais une cohérence entre leurs placements et leurs convictions.

 

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Un paradoxe contemporain : moraliser la finance sans en changer les règles

Malgré cette dimension éthique, les mécanismes restent ceux des marchés traditionnels.

Les indices suivent :

  • les logiques de capitalisation boursière,

  • les cycles économiques,

  • les exigences de diversification et de liquidité.

Autrement dit, la structure financière demeure inchangée ; seule la grille de sélection évolue.

Cela illustre une tension caractéristique de la finance actuelle :
chercher à concilier sens et performance dans un système conçu avant tout pour l’efficacité économique.

 

Un signal fort dans l’évolution de la gestion d’actifs

L’initiative de la Banque du Vatican ne constitue pas une révolution technique.
Elle représente plutôt un marqueur culturel de l’évolution de la finance mondiale.

Elle montre que :

  • la notion d’investissement responsable continue de se diffuser,

  • les institutions cherchent à redéfinir leur légitimité,

  • la gestion d’actifs intègre progressivement des dimensions philosophiques ou sociétales.

 

En bref : vers une finance plus orientée par les valeurs

En lançant ces indices, la Banque du Vatican ne transforme pas la Bourse, mais elle participe à redéfinir la manière dont certains investisseurs souhaitent y participer.

Cette initiative reflète une mutation déjà à l’œuvre :

La finance ne se limite plus à mesurer la performance.
Elle cherche désormais à répondre à une question plus large :
que finance réellement l’argent investi ?

C’est dans cette interrogation que se joue l’avenir de l’investissement responsable, bien au-delà du seul Vatican.

 

Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Article publié le 16 Février 2026

Geoffrey HENRIOT Responsable communication 153 articles rédigés

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