Hausse de la CSG : quels placements sont concernés en 2026 ?
FINANCIER | 3 min. de lecture
Sommaire
Une réforme ciblée, et non une hausse généralisée de la CSGLes placements expressément concernés par la hausse de la CSGLes revenus explicitement exclus de la hausse de la CSGEn bref : une fiscalité du capital à plusieurs vitessesLa hausse ciblée de la CSG prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) marque une rupture importante dans la fiscalité des revenus du capital. Jusqu’à présent, les prélèvements sociaux se caractérisaient par une grande lisibilité : depuis 2018, un taux global unique de 17,2 % s’appliquait à la quasi-totalité des revenus du capital, sans distinction selon la nature du placement.
Ce cadre évolue désormais. La LFSS pour 2026 introduit une augmentation de 1,4 point de CSG, portant le taux global à 18,6 %, mais uniquement pour certains placements. L’objectif affiché par le législateur est clair : financer les Ehpad et le maintien à domicile des personnes âgées, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population.
Cette réforme ne touche donc pas tous les épargnants de la même manière. Quels placements sont concernés ? Lesquels y échappent ? À partir de quand s’applique la hausse ? Décryptage complet.
Une réforme ciblée, et non une hausse généralisée de la CSG
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la hausse de la CSG ne s’applique pas à l’ensemble des revenus du capital. Le législateur a fait le choix d’une approche sélective, distinguant clairement :
-
les placements soumis à la hausse à 18,6 %,
-
et ceux qui conservent le taux historique de 17,2 %, voire une exonération totale.
Cette nouvelle architecture fiscale introduit une cartographie beaucoup plus complexe, qui impose une lecture fine de chaque enveloppe d’épargne.
Faisons le point sur votre
Les placements expressément concernés par la hausse de la CSG
Livrets bancaires non réglementés et compte-titres
Les livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme et comptes courants rémunérés figurent parmi les premiers concernés.
Sont soumis au nouveau taux global de 18,6 % :
-
les intérêts perçus à compter du 1er janvier 2026 sur les livrets non réglementés ;
-
les dividendes et intérêts encaissés sur un compte-titres ;
-
les plus-values de cession de titres ou de parts de fonds.
Pour les plus-values, la mesure est rétroactive sur le calendrier fiscal, puisque les gains réalisés en 2025 seront soumis au taux de 18,6 % lors de la déclaration effectuée en 2026.
Plan d’épargne en actions (PEA)
Le PEA conserve son principe fondateur : aucune imposition pendant la phase d’épargne. Toutefois, la hausse de la CSG intervient au moment des retraits ou de la clôture du plan.
La situation dépend de la date d’ouverture du PEA :
-
PEA ouverts depuis le 1er janvier 2018 :
➖ l’intégralité des gains est soumise aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 % ; -
PEA plus anciens :
➖ application de la règle des taux historiques, selon l’année de réalisation des gains ; -
Retrait effectué en 2025 avant 5 ans :
➖ les gains seront imposés à 18,6 % lors de la déclaration en 2026, et le PEA sera clôturé.
Il est important de noter que, si les prélèvements sociaux ont déjà été prélevés à la source, aucun complément de CSG ne sera dû ultérieurement.
Épargne salariale : PEE, Perco et PER collectif
Les dispositifs d’épargne salariale restent fiscalement attractifs pendant la phase de constitution, mais la hausse de la CSG intervient lors du déblocage des sommes.
-
Aucune taxation pendant la phase d’épargne ;
-
Prélèvements sociaux dus lors du retrait ou du déblocage anticipé.
Le taux applicable dépend de la date des versements :
-
Versements effectués depuis le 1er janvier 2018 :
➖ application du taux en vigueur au moment du remboursement, soit 18,6 % à compter du 1er janvier 2026 ; -
Versements antérieurs :
➖ imposition selon les taux historiques.
Plan d’épargne retraite (PER)
Le PER, qu’il soit individuel ou collectif, assurantiel ou bancaire, n’échappe pas à la réforme.
Pendant la phase de capitalisation :
-
aucun prélèvement social n’est dû.
En revanche, les sommes récupérées à la sortie, en capital ou en rente viagère, sont soumises aux prélèvements sociaux.
Après plusieurs débats, Direction générale des Finances publiques a confirmé que :
-
la hausse de la CSG s’applique à l’ensemble des PER, sans distinction ;
-
les retraits en capital réalisés à compter du 1er janvier 2026 seront soumis au taux de 18,6 %.
Cette clarification met fin à l’hypothèse d’un traitement différencié entre PER bancaires et assurantiels.
Location meublée
La location meublée, relevant des BIC, est également concernée, mais de manière nuancée.
-
Lorsque les loyers supportent les prélèvements sociaux, ils sont soumis à la hausse ;
-
Loyers inférieurs à 23 000 € par an :
➖ considérés comme revenus du capital, soumis à la CSG à 18,6 % ; -
Au-delà de 23 000 € :
➖ la hausse ne s’applique qu’aux locations meublées de longue durée ;
➖ les locations de courte durée et les statuts LMP, soumis aux cotisations sociales, sont exclus du dispositif.
Ces mesures s’appliquent dès l’imposition des revenus 2025, déclarés en 2026.
Les revenus explicitement exclus de la hausse de la CSG
Épargne réglementée
Les placements réglementés demeurent totalement protégés :
-
Livret A,
-
LDDS,
-
LEP,
-
Livret Jeune.
Les CEL et PEL bénéficient également d’un régime spécifique : le taux de CSG reste fixé à 9,2 %, quel que soit leur régime d’imposition à l’impôt sur le revenu.
Revenus conservant le taux global de 17,2 %
Certains revenus du capital continuent de relever du taux historique de 17,2 % :
-
les plus-values immobilières (la résidence principale restant exonérée) ;
-
les revenus fonciers issus de locations nues ;
-
les produits des contrats d’assurance-vie et de capitalisation.
Toutefois, le texte reste silencieux sur le sort des rentes issues de l’assurance-vie, ce qui laisse subsister une zone d’incertitude juridique, susceptible d’évoluer via la doctrine administrative.
En bref : une fiscalité du capital à plusieurs vitesses
Avec la LFSS pour 2026, la fiscalité des revenus du capital entre dans une nouvelle ère, marquée par une différenciation accrue des placements. La hausse de la CSG à 18,6 % ne constitue pas une réforme uniforme, mais une cartographie précise, mêlant hausses ciblées, exonérations maintenues et zones grises.
Dans ce nouveau contexte, le choix de l’enveloppe d’investissement devient plus stratégique que jamais. La compréhension fine des règles applicables, des dates de versement et des modalités de sortie s’impose comme un enjeu central pour optimiser son épargne et anticiper la pression fiscale future.
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Vous souhaitez aller plus loin ? Contactez-nous :




