Assurance-vie et fonds en euros : des rendements au plus haut depuis 2016
FINANCIER | 3 min. de lecture
Sommaire
Des rendements en hausse, à un plus haut depuis 2016Des écarts de performance de plus en plus marqués entre les contratsUn contexte fiscal et concurrentiel très favorable à l’assurance-vieUne collecte en nette accélération, portée par le retour des fonds en eurosDes fondamentaux financiers désormais assainisLe fonds en euros, de nouveau un pilier de l’allocation patrimonialeEn bref : un retour durable, plus qu’un simple rebondAprès plusieurs années de rendements décevants, souvent jugés insuffisants face à l’inflation, le fonds en euros de l’assurance-vie opère un retour en force en 2025. Les chiffres désormais disponibles confirment une dynamique durable, suffisamment marquée pour rebattre les cartes dans les arbitrages d’épargne des ménages français.
Dans un environnement où les placements sans risque ont longtemps été pénalisés par les taux bas, le fonds en euros renoue avec des performances réelles positives, un phénomène qui n’avait plus été observé depuis près d’une décennie.
Des rendements en hausse, à un plus haut depuis 2016
Les rendements servis au titre de l’année 2025 confirment la tendance enclenchée depuis deux ans. En moyenne, les fonds en euros devraient afficher un rendement compris entre 2,65 % et 2,70 % brut, tous contrats confondus.
Cette progression, bien que modérée en apparence, est significative :
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+0,05 à +0,10 point par rapport à 2024,
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et ce malgré le poids des contrats anciens, historiquement moins rémunérateurs.
Une fois corrigés de l’inflation, désormais proche de 1 %, ces niveaux de rendement n’avaient plus été atteints depuis 2016, année au cours de laquelle les fonds en euros affichaient environ 1,75 % dans un contexte d’inflation très faible.
Autrement dit, le rendement réel redevient positif, un critère essentiel pour les épargnants attachés à la préservation du pouvoir d’achat de leur capital.
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Des écarts de performance de plus en plus marqués entre les contrats
Si la moyenne progresse, les disparités entre fonds en euros se creusent nettement.
Certains contrats tirent clairement leur épingle du jeu :
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les fonds les plus performants dépassent désormais 3 % brut,
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certains atteignent voire dépassent 4 %.
À ces rendements s’ajoutent des mécanismes de bonus temporaires, principalement conditionnés à :
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de nouveaux versements,
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ou à une part d’unités de compte dans l’allocation.
Ces dispositifs peuvent porter la rémunération future vers 4,5 % voire 5 %, illustrant le retour d’une concurrence active entre assureurs, désireux de capter ou de reconquérir la collecte.
Après avoir été relégué au second plan durant la période de taux durablement bas, le rendement redevient un critère central dans le choix d’un contrat d’assurance-vie.
Un contexte fiscal et concurrentiel très favorable à l’assurance-vie
L’attractivité retrouvée du fonds en euros s’explique aussi par un environnement fiscal particulièrement favorable.
L’assurance-vie conserve :
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un cadre fiscal stable,
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et échappe à la récente hausse de 1,4 point de CSG votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale.
À l’inverse, d’autres placements voient leur fiscalité s’alourdir :
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livrets non réglementés,
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comptes à terme,
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PEA,
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comptes-titres,
dont la taxation globale peut désormais atteindre 31,4 %.
En parallèle, le livret A devrait voir sa rémunération ramenée autour de 1,5 %, accentuant mécaniquement les arbitrages en faveur de l’assurance-vie, et plus particulièrement du fonds en euros.
Une collecte en nette accélération, portée par le retour des fonds en euros
Les flux d’épargne confirment ce changement de paradigme. La collecte nette de l’assurance-vie s’élève à 49,4 milliards d’euros sur les onze premiers mois de l’année, en forte progression sur un an.
Fait particulièrement notable :
près de 10 milliards d’euros ont été réinvestis sur les fonds en euros, après plusieurs années de désaffection au profit des unités de compte.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de forte propension à épargner. Selon Insee, le taux d’épargne des ménages atteint 18,4 % du revenu disponible, un niveau historiquement élevé.
Des fondamentaux financiers désormais assainis
La remontée des rendements des fonds en euros ne relève pas d’un simple effet conjoncturel. Elle repose sur des fondamentaux financiers clairement identifiés et plus solides qu’au cours de la décennie précédente.
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette amélioration :
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la remontée des taux d’intérêt à long terme,
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l’amélioration des rendements obligataires, qui constituent le cœur des portefeuilles des fonds en euros,
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les bonnes performances des marchés actions, représentant environ 10 % des encours,
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et la mobilisation progressive des réserves financières constituées lors des années de taux très bas.
Ces réserves, destinées à lisser les rendements dans le temps, doivent être restituées aux assurés dans un délai maximal de huit ans, ce qui soutient mécaniquement les taux servis.
Le fonds en euros, de nouveau un pilier de l’allocation patrimoniale
Longtemps présenté comme un produit en perte de vitesse, le fonds en euros retrouve en 2025 un rôle central dans l’allocation patrimoniale.
Il combine à nouveau :
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un rendement redevenu attractif,
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une sécurité du capital,
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une liquidité élevée,
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et une fiscalité particulièrement compétitive dans le paysage actuel de l’épargne.
Dans un contexte de normalisation monétaire et de pression fiscale accrue sur d’autres placements, le fonds en euros redevient un outil crédible pour sécuriser une partie de son patrimoine, tout en conservant une performance réelle positive.
En bref : un retour durable, plus qu’un simple rebond
La hausse des rendements des fonds en euros en 2025 marque un tournant majeur pour l’assurance-vie. À des niveaux inédits depuis 2016, ces performances redonnent tout son sens à ce support longtemps décrié.
Sans redevenir un placement spéculatif, le fonds en euros s’impose à nouveau comme un socle de stabilité, à la croisée du rendement, de la sécurité et de la fiscalité. Une évolution qui pourrait durablement modifier les comportements d’épargne des ménages dans les années à venir.
Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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