Assurance-vie : comment optimiser avec la clause bénéficiaire à tiroirs

PATRIMOINE | 3 min. de lecture

Dans un contrat d’assurance-vie, la clause bénéficiaire est un élément absolument central. C’est elle qui détermine qui recevra le capital garanti au décès du souscripteur, dans quelles proportions et selon quelles modalités. Pourtant, dans la pratique, elle est trop souvent mal rédigée, standardisée ou inadaptée à la situation réelle de la famille.

Parmi les dispositifs existants, la clause bénéficiaire à options – dite “clause à tiroirs” – reste l’une des plus efficaces, tout en étant paradoxalement encore trop peu utilisée. Elle permet pourtant une transmission plus souple, mieux ajustée aux besoins du conjoint survivant et aux équilibres patrimoniaux.

 

La clause bénéficiaire : un pilier du contrat d’assurance-vie

La clause bénéficiaire désigne la ou les personnes appelées à percevoir le capital décès. Elle peut être modifiée à tout moment par le souscripteur, tant qu’elle n’a pas été acceptée par le bénéficiaire.

Deux grandes catégories de clauses coexistent :

  • la clause bénéficiaire standard,

  • la clause bénéficiaire à options, également appelée clause à tiroirs.

Le choix entre ces deux formulations n’est pas anodin : il conditionne la liberté d’action des bénéficiaires au moment du dénouement du contrat, souvent dans un contexte émotionnel et patrimonial délicat.

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La clause bénéficiaire standard : une logique du “tout ou rien”

La clause bénéficiaire classique prévoit que le bénéficiaire désigné :

  • accepte l’intégralité du capital,

  • ou y renonce totalement.

Cette logique binaire peut poser difficulté. En effet, le bénéficiaire ne peut pas moduler son acceptation en fonction :

  • de son âge,

  • de son niveau de revenus,

  • de son état de santé,

  • ou de sa propre situation patrimoniale.

La clause standard ne laisse aucune marge d’ajustement, ce qui peut conduire à des transmissions fiscalement ou patrimonialement inefficaces.

 

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La clause à tiroirs : un mécanisme de souplesse patrimoniale

La clause bénéficiaire à tiroirs introduit une logique radicalement différente. Elle permet au bénéficiaire de premier rang, le plus souvent le conjoint survivantd’ajuster sa décision au moment du décès.

Concrètement, cette clause prévoit que le bénéficiaire de premier rang peut choisir :

  • la totalité du capital,

  • ou une fraction prédéfinie (par exemple 25 %, 50 % ou 75 %).

Le solde non perçu est alors automatiquement transmis :

  • aux bénéficiaires de second rang,

  • puis, le cas échéant, aux rangs suivants.

Chaque “tiroir” correspond à un niveau de bénéficiaire, ce qui garantit une transmission fluide et conforme à la volonté initiale du souscripteur.

 

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Un juste milieu entre protection du conjoint et transmission

La clause à tiroirs constitue un compromis particulièrement intelligent entre deux objectifs souvent contradictoires :

  • protéger financièrement le conjoint survivant,

  • préserver les intérêts des enfants ou autres héritiers.

Le point clé est que le risque de perte d’autonomie ou de besoin financier du conjoint ne s’apprécie pas au moment de la souscription, mais au jour du décès. Or, l’espérance de vie s’allonge, et les situations évoluent.

Grâce à la clause à tiroirs :

  • le conjoint peut adapter son choix à sa situation réelle,

  • sans priver définitivement les autres bénéficiaires de leurs droits.

 

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Usufruit ou pleine propriété : une option supplémentaire

La clause à tiroirs peut être enrichie d’une option entre usufruit et pleine propriété.

Le bénéficiaire de premier rang peut alors choisir :

  • l’usufruit du capital, afin de percevoir les revenus,

  • ou la pleine propriété, s’il a besoin de liquidités immédiates.

Cette combinaison offre une flexibilité patrimoniale maximale, notamment dans les familles recomposées ou lorsque les enfants sont déjà financièrement autonomes.

 

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Une clause encore trop peu utilisée

Malgré ses avantages évidents, la clause à tiroirs reste marginale dans les contrats d’assurance-vie. Plusieurs raisons expliquent cette situation :

  • une méconnaissance du dispositif,

  • des clauses standard proposées par défaut,

  • une réticence à aborder des sujets complexes lors de la souscription.

Pourtant, une réponse ministérielle du 22 septembre 2016 a clairement sécurisé son régime fiscal.

 

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Renonciation du premier bénéficiaire : aucun risque de donation indirecte

Un point essentiel mérite d’être souligné :
lorsque le bénéficiaire de premier rang renonce totalement ou partiellement au capital, il n’y a pas de donation indirecte imposable au profit des bénéficiaires suivants.

En effet :

  • le capital est réputé transmis directement par l’assuré,

  • conformément à la clause bénéficiaire,

  • et non du fait d’un abandon de droits du premier bénéficiaire.

Les droits fiscaux sont donc liquidés en fonction du lien de parenté entre le souscripteur et le bénéficiaire effectif, ce qui sécurise pleinement le mécanisme.

 

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Les enjeux fiscaux à ne pas négliger

La clause bénéficiaire à tiroirs permet également :

  • d’optimiser l’utilisation des abattements fiscaux,

  • de mieux répartir les capitaux soumis aux régimes article 990 I et article 757 B du Code général des impôts,

  • et de limiter les frottements fiscaux globaux sur la transmission.

Mal rédigée, une clause bénéficiaire peut entraîner une surimposition inutile, voire des conflits familiaux.

 

Conseils pratiques pour bien rédiger une clause à tiroirs

Pour être pleinement efficace, la clause doit :

  • être rédigée de manière précise, sans ambiguïté,

  • définir clairement les options offertes au bénéficiaire,

  • prévoir des quotités cohérentes,

  • être réexaminée régulièrement, notamment en cas de :

    • mariage,

    • divorce,

    • naissance,

    • évolution significative du patrimoine.

Un accompagnement professionnel est fortement recommandé, tant les conséquences juridiques et fiscales peuvent être importantes.

 

En bref : une clause stratégique, à redécouvrir

La clause bénéficiaire à tiroirs demeure l’un des outils les plus performants de l’assurance-vie moderne. Elle offre :

  • souplesse,

  • équilibre entre protection et transmission,

  • sécurité fiscale,

  • et adaptabilité dans le temps.

Encore trop souvent négligée, elle mérite pourtant une place centrale dans toute stratégie patrimoniale bien construite, en particulier lorsque les enjeux familiaux et successoraux sont complexes.

 

Aucun investissement n’est garanti sans risques. Chaque investissement comporte des risques spécifiques (fluctuations des marchés financiers, risque de change, risque de liquidité, risque de perte en capital partielle ou totale, risques liés au marché immobilier – liste non exhaustive).
Chaque investissement a une durée de détention recommandée ; l’attention de l’investisseur est attirée sur le fait de bien vérifier l’adéquation de cette durée avec ses objectifs et sa situation.
Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement. Les avantages fiscaux ne doivent pas constituer la seule motivation d’un investissement.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Article publié le 26 Janvier 2026

Geoffrey HENRIOT Responsable communication 145 articles rédigés

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