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La Suisse veut en finir avec les hauts salaires!

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Le mois dernier Daniel Vasella (ci-contre), patron du groupe Novartis, s’attribuait un bonus mirobolant de 60 millions d’euros à l’issue de quinze années à la direction de cette société. En contrepartie, il s’engageait à « ne pas travailler pour la concurrence pendant six ans ». Hier au terme d’un référendum, la Suisse a voté à 69,70 % en faveur de la suppression des parachutes dorés. Finalement, l’affaire Vasella fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase !

L’avenir des hauts salaires est compromis

« Le peuple suisse envoie un signal fort aux conseils d’administration », s’est exclamé Thomas Minder, sénateur suisse à l’origine de cette initiative.  En 2008, cet entrepreneur avait récolté les 100 000 signatures requises afin de pouvoir achever son projet. Pour résumer, le texte prévoit que les actionnaires des sociétés nationales cotées doivent voter annuellement le montant de la rémunération du conseil d’administration, du comité consultatif et de la direction. En cas de manquement à la règle, les coupables devront payer une amende et encourent une peine de 3 ans de prison. Cependant, il est impératif que cette disposition soit acceptée par la Constitution Fédérale.

Les Suisses, indignés devant les hauts salaires

Par ailleurs, ce projet entrevoit de révoquer entièrement les indemnités de départ, les parachutes dorés et les primes à l’achat ou la vente d’entreprise. Ainsi, ce sont pas moins de 260 entreprises suisses cotées en Bourses qui sont visées. Le numéro un du parti démocrate-chrétien, Christophe Darbelley, opposé au référendum, entrevoit aucun changement bien que le texte soit adopté. A l’image de ce dernier, c’est toute une partie de l’économie helvétique qui s’était dressée contre le projet « Minder », estimant que de telles modifications porteraient atteintes à l’économie suisse, l’une des plus compétitives du monde. Toutefois, la colère des Suisses aura poussé Daniel Vasella à renoncer à son indemnité anticoncurrentielle. Il ne fait aucun doute que le projet « Minder » a été encouragé par « l’affaire Vasella ». Néanmoins, la mise en application de  cette initiative devrait intervenir dans deux ans.

Est-il encore attractif d’exercer en Suisse ?

Cependant, la véritable interrogation reste aujourd’hui de savoir si la Suisse continuera d’attirer les grands groupes internationaux malgré ce projet de loi. Le pays reste néanmoins attractif de part son faible taux d’imposition, sa stabilité politique et ses règlements en faveur des entreprises. Puis, il s’agit uniquement d’un vote. En ce sens, les actionnaires pourront très bien voter en faveur de leurs dirigeants. De même, les entreprises trouveront toujours un moyen pour contourner cette directive.