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Comment Bercy veut inciter les Français à investir leur épargne

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Comment Bercy veut inciter les Français à investir leur épargne

Récemment, la Banque de France estimait une épargne  d’environ 200 milliards de plus qu’à l'accoutumée d’ici la fin de l’année 2021. Certes, cette estimation vient d’être revue à la baisse pour tabler plutôt sur un pic de 165 milliards pour la même période. Toutefois, on parle encore d’un montant colossal que beaucoup jugent nécessaire à la relance de l’économie française.    

En ces périodes financières incertaines, les Français restent logiquement prudents. Comment faire donc pour les encourager à dépenser ce surplus de 100 milliards d’euros amassés durant la crise ? Si le gouvernement exclut la possibilité d’une taxation, plusieurs autres pistes restent envisageables. Mais faisons tout d’abord un retour sur la formation de cette épargne. 

 

De l’épargne forcée à l’épargne de précaution 

La plus grande partie de l’épargne s’est formée lors du premier confinement. C’était il y a douze mois. Le confinement obligatoire, la fermeture des commerces, des lieux de loisirs et de cultures, ont eu pour effet de réduire la consommation des ménages. On parle alors d’épargne forcée. Quand est venu le déconfinement en juin 2020, la consommation a rapidement retrouvé son niveau habituel. Toutefois, le taux d’épargne était encore similaire à celui de l’avant-crise. Le changement n’est survenu qu’après les incertitudes (Marché du travail, pouvoir d’achat)  causées par la situation économique. C’est là qu’on a pu voir la transformation de cette épargne forcée en épargne de précaution. En 2020, le taux d’épargne des ménages français atteignait le chiffre record de 21,3%, contre 14,8 % au troisième trimestre 2019. 

Cette attitude frileuse semble d’ailleurs se poursuivre en 2021. Déjà sur le premier semestre, la collecte du livret A, le placement prudent par excellence, atteignait la somme de 6,32 milliards d’euros, soit 2 milliards de plus qu’en janvier 2020.  Selon le rapport de l’Insee en janvier 2021, la confiance des ménages dans la situation économique s’était repliée, après avoir fortement rebondi en décembre 2020. À 92, l’indice de confiance perdait ainsi trois points et demeurait sous sa moyenne de longue période. Les raisons de cette baisse : une campagne vaccinale jugée trop lente et la poursuite de mesures restrictives ne rassurant pas sur une éventuelle fin de la crise. Or, l’une des clés pour mobiliser l’épargne demeure la relance de la consommation, et cela passe inévitablement par une hausse de la confiance. 

 

Comment mobiliser l’épargne des Français ?

À ce jour, les analystes ont identifié plusieurs axes sur lesquels s’appuyer pour diminuer l’épargne et relancer l’activité. Si la taxation a été écartée, il nous reste l’incitation à la consommation, l’investissement dans les entreprises, le gouvernement envisage également de faciliter la donation entre générations. 
 

Stimuler la consommation

Le fonds de solidarité, la prime de 1 000 euros ouverte à tous les bas salaires ... depuis la crise, il devient évident que le gouvernement compte poursuivre un plan social et davantage solidaire afin de pallier la perte de pouvoir d’achat. L’efficacité de ces mesures, leur propension à pouvoir combattre des défis inéluctables, tels que la hausse des faillites ou le taux de chômage, constituent un autre sujet de discussion à part entière. Disons que ces mesures représentent plutôt un premier pas.

Parmi ces mesures, le Président Macron avait notamment annoncé la bonification de la prime à la conversion. Ce fut afin de doper les ventes de voitures et vider les stocks accumulés depuis la mi-mars.

Le secteur du retail propose également des offres spéciales et des promotions en tout genre. Les grandes marques de vêtements présentent des soldes massifs en espérant booster les ventes et combler les pertes subies durant le confinement. D’autres secteurs feront de même inévitablement. Certains groupes touristiques proposent des réductions pour tous les clients qui décaleraient leurs voyages à plus tard.

 

L’investissement dans les entreprises

Normalement, les sociétés sont financées par des banques, des places boursières ou des fonds d’investissement, qui eux-même existent partiellement à travers l’investissement d’épargnants. Le contexte actuel fait que ces institutions financières n’auront pas assez de liquidités pour soutenir tout le monde, d’où la volonté de mobiliser cette épargne massive.  

À l’heure actuelle, il existe plusieurs véhicules permettant  à un particulier d’investir dans les entreprises. Le choix du véhicule dépendra bien évidemment de la taille de l’entreprise. S'agit-il de groupes cotés ou d’une start-up ? Dans le cas d’une société cotée, en plus de la Bourse, un particulier peut investir à travers des plans d’épargne en actions (PEA), qui autorisent un investissement dans toutes les entreprises cotées en Bourse.      

Du côté des entreprises hors marchés, les dispositifs d’investissement sont plus nombreux. En plus de l’investissement direct, l’innovation  (FCPI) et les fonds d’investissement de proximité (FIP) sont deux méthodes régulièrement utilisées pour investir dans les TPE et PME. Les investisseurs peuvent également placer une partie de leur capital dans les sociétés à travers les fonds de capital-investissement. Toutefois, ce genre de fonds est moins commun et plus risqué. Il ne faudrait finalement pas oublier le crowdfunding qui devient de plus en plus populaire depuis quelques temps.  

Afin d’inciter les épargnants à investir dans les entreprises, l’État n'envisage pas seulement de renforcer les dispositifs existants. Quelques projets sont encore au stade de la réflexion et d'autres solutions pourraient être présentées. On pense notamment au "fonds de solidarité" qui permettrait aux épargnants de financer les entreprises.

 

Favoriser les donations

Le gouvernement étudie un plan afin d’inciter les parents à donner rapidement à leurs descendants une partie de leur épargne. L’objectif est de faire circuler la “surépargne”  produite avec la crise sanitaire. On parle notamment d’une multiplication des dons défiscalisés. 

Actuellement, un parent peut donner à chaque descendant jusqu’à 100 000 euros sans taxation tous les 15 ans. Un grand-parent peut faire de même mais avec la somme maximale de 31 875 euros. Afin de multiplier ces dons, l’État envisage d’écourter cette période ou augmenter le plafond. 

 

2021, l’année décisive

Le plan de relance de l’économie française va être prioritaire durant les mois à venir. De l’explosion du taux de chômage à la faillite des entreprises en passant par la transition écologique, l’État devra répondre à plusieurs défis majeurs en 2021. Il s’agit d’une année décisive pour bien aborder cette nouvelle décennie.